Histoire de Tlemcen

 

Présentation Géographique de la Wilaya

La Wilaya de Tlemcen est, à la fois, frontalière et côtière. Elle est limitée géographiquement au Nord par la Mer Méditerranée, au Nord-Est par la Wilaya de Ain -Témouchent, à l'Est par la Wilaya de Sidi Bel-Abbes, à l'Ouest par le Maroc et au Sud par la Wilaya de Naâma.

 

Aspect Historique de la Wilaya de Tlemcen

Les découvertes archéologiques, qui attestent du passage de l'homme, depuis les temps anciens, sont présentes aux environs de Maghnia, sur le littoral et même à Tlemcen et Remchi. Vers la fin du III° siècle avant J.C, Siga, située à quelques kilomètres à peine de l'embouchure de Tafna, était devenue la Capitale du Royaume Numide. L'occupation Romaine, qui a pris fin vers la seconde moitié du V° siècle, n'a laissé que de rares vestiges. Tlemcen était appelée, alors, POMARIA (les vergers) reliant ALTAVIA (Ouled Mimoun) à SYRERUS (Maghnia). La domination Byzantine et le passage des Vandales à Tlemcen n'ont été que d'une courte durée. En 671, les Arabes arrivent. Tlemcen accueillie des hommes légendaires, qui ont joué un rôle de premier ordre dans l'Histoire de l'Islam. Le compagnon du Prophète, Ibn El Mouhadjer Dinar, fût la première personnalité à apporter la vérité de l'Islam dans la région. Au VII° siècle, Abou Quorra, de la tribu des Béni Ifrènes, se proclama Roi de Tlemcen et mena une longue guerre de résistance contre les Zirides et leur chef Bologhine. Le VIII° siècle, siècle de la paix et de quiétude, a vu la réorganisation et la renaissance du Maghreb. Trois villes jouèrent de capitale : Fez, Kérouane et Tiaret des Rostémides. Le IX° siècle a connu la conquête d'Agadir (Ancien Nom de Tlemcen) par Idris premier qui édifia la Mosquée d'Agadir. En 973, les Idrissides ayant été battus, les Sanhadja – vassaux des Fatimides assiégèrent et prennent la ville. De 1002 à 1079 – les Béni Yala – famille Zenata régnèrent sur la ville qui devint florissante. En 1080 les Almoravides occupent Tlemcen. Leur chef : Youcef Ibn Tachfine, construit la Grande Mosquée.

En 1143 Abdelmoumen, compagnon d'El Mehdi Ibn Toumert, Chef des Tributs du Haut Atlas au Maroc, assiège la ville pendant 02 ans. Au XIII° siècle, Tlemcen Capitale du Royaume de Tlemcen avec à sa tête le premier Roi des Zianides Yaghmouracène. Son règne a duré 40 années. Tlemcen lui doit sa Prospérité Economique et son rayonnement culturel et religieux. Le Roi Othmane succéda à son père Yaghmouracène. En 1299, Tlemcen a connu l'une des plus douloureuses expériences de son histoire avec le siège de la ville par le sultan Mérinide pendant au moins 07 années. 1307 – Mort du Sultan Mérinide. En 1337, Abou El Hassen de Fez (Maroc) s'empare de Tlemcen. Il faut reconnaître aux Mérinides l'embellissement de Mansourah et la réalisation des Mosquées de Sidi Boumediene et Sidi Halloui.

Jusqu'au XVI° siècle, la ville resta cité Royale, ceci avec l'avènement du glorieux Abou Hamou Moussa. En 1517, la menace vint des Espagnols et des Turcs. En 1555, Tlemcen est rattachée à la régence d'Alger par Salah Rais qui nomma comme premier gouverneur Baba Safir. En 1610, la destruction de Tlemcen, sous le commandent du Dey d'Alger, Hassene, devint presque entière. Ce fut le début d'une longue décadence. En 1836, l'Emir Abdelkader rejoint Tlemcen, qui sera l'une des plus prestigieuses forteresses de lutte contre l'envahisseur Français, qui s'installa à cet effet dans la ville, durant plus d'un siècle.

Etymologie du Mot Tlemcen

En arabe, Tilimsane (Nom berbère signifiant Poches d'Eau, Source). En revanche, le nom donné par Yahia Ibn Khaldoun, le frère du grand historien des berbères s'éloigne beaucoup de la réalité géographique. Selon cet auteur « TLEM » et « SAN » signifient deux choses : « le Désert et le Tell ».

La Ville dans l'Histoire

Pomaria

Aux temps préhistoriques, le berceau de Tlemcen est Agadir. Là s'élevait Pomaria (les vergers) qui fut un Camp Romain semblable à celui de Hadjar Roum, près d'Ouled Mimoun.

Agadir

La première cité Musulmane fur établie à la fin du VIII° siècle par Idris 1er venu d'Arabie. A la chute des Idrissides, Agadir devint la Capitale des Beni Khazer et des Beni Yala, émirs Berbères, vassaux des omeyades d'Espagne.

Tagrart de Tlemcen

L'actuel Tlemcen, fut fondée à la fin du XI° siècle par le Chef Almoravide, Youcef Ben Tachfine sous le nom de Tagrart. La ville doit également aux Almoravides, la Grande Mosquée, mais la vie se développa encore sous les Almohades qui l'entourèrent d'un rempart.

Sidi Boumediene 1126 - 1196

Un grand professeur : Choaïb Ibn Hussein El Andaloussi, surnommé Aboumédiène, naquit à Séville vers 1126 (520 de l'hégire). Il suivit ses études dans les écoles de Séville et de Fèz. Il visita ensuite Tlemcen et la Mecque, puis enseigne à Bejaïa où il s'établit définitivement. Il fut par la suite appelé à Marrakech par le Prince de l'époque.

Le marabout se mit en route conformément aux ordres de Yacoub. Arrivé à l'Oued Isser, il mourut sans avoir pu achever son long voyage. Transporté à El Eubbad, il fut enterré dans un endroit où étaient déjà enterrés plusieurs saints de distinction dont Mohamed En-Nasser, successeur d'El Mansour, qui fit élever un mausolée à la mémoire de Sidi Boumediene. L'importance d'El Eubbad s'est accrue davantage principalement lors de l'occupation de Tlemcen par les Mérinides. Ce mausolée devint le lieu privilégié pour les pèlerins.

Mansourah

Un camp militaire fut établi par le Sultan Mérinide Abou Yacoub en 1299, ceci lors du premier siège de Tlemcen. De ce siège, le Sultan fit bâtir, à l'approche du rigoureux hiver qu'a connu Tlemcen, une demeure royale. Il entame ainsi les fondations d'une mosquée pour ses besoins et ceux de son armée et fit édifier les habitations pour ses soldats et les fonctionnaires royaux, le tout fut défendu par une muraille. Cette ville improvisée reçut le nom d'El Mlaha El Mansourah « le Camp Victorieux ».

Les Mérinides ont dû quitter Mansourah et les Zianides. En revenant au trône, ils frappèrent d'un arrêt de mort cette ville voisine rivale de leur capitale, et démantelèrent les murs. Ils firent passer la charrue et ont pu transformer les terres en champ de culture.

Cependant, tout ne fut pas perdu, puisque dalles, colonnes et chapiteaux d'onyx de la Mosquée de Mansourah et du « Palais de la Victoire » ont servi pour la construction d'autres mosquées. Il subsiste, à ce jour, des vestiges importants de l'enceinte, de la Mosquée et de la Mausalla.